En 2017 et après…

PROGRAMMATION HORS LES MURS

La Boîte à Jouer se fait la malle

Après 30 ans d’existence, les locaux de La Boîte à Jouer ont cessé d’accueillir du public (commission de sécurité, janvier 2017). Ils permettent uniquement aux artistes d’y travailler en résidence, et c’est « hors les murs » que le théâtre continue son travail artistique et culturel, en attendant de nouveaux locaux.

Notre mission reste identique. Nous accompagnons à la diffusion des compagnies débutantes et émergentes régionales.

Dans les fondamentaux du théâtre, on retrouve une diffusion sur des séries de plusieurs représentations permettant ainsi au spectacle d’évoluer, de s’étoffer… On ne dit pas du spectacle vivant qu’il est « vivant » pour rien ! Les publics interagissent avec ce qu’il leurs est donné à voir et le bouche à oreille se met en place.

La Boîte à Jouer offre également depuis ses débuts un répertoire varié, permettant à chacun et à chacune de s’y retrouver au milieu du théâtre, de la marionnette, du théâtre-musical, de la danse, du clown-théâtre, du conte…

Ces deux marques de fabrique sont préservées. Certes, les séries de représentations ne pourront être aussi longues que pendant les trente années passées de La Boîte à Jouer (8 à 16 représentations) mais ce qui compte c’est que la compagnie puisse se poser durant plusieurs jours consécutifs dans un même endroit, prendre le temps et laisser les mots vagabonder d’une bouche à l’autre, de publics en publics.

Chaque année, La Boîte à Jouer accueille des spectacles en création et laisse leur chance à de nouveaux talents de s’exprimer.

TEMPS FORTS ARTISTIQUES ET AMPLIFICATION CULTURELLE

La Boîte à Jouer expérimente différentes formules, avec divers partenaires en portant une attention particulière à l’ancrage social et territorial de ses propositions artistiques.

Notre programmation alterne entre des temps forts (forme festivalière qui bouillonne de propositions culturelles) et l’accompagnement à la diffusion de certaines équipes artistiques sur des séries de représentations sur plusieurs semaines.

Notre programmation est construite pour satisfaire tous  les âges, des bébés aux seniors.

UN REGARD SPÉCIFIQUE SUR LE JEUNE PUBLIC

La Boîte à Jouer et le Jeune Public, c’est une longue histoire. Il y a une quinzaine d’années, l’équipe de La Boîte à Jouer se demande comment accueillir la population enfantine importante qui se situe sur son territoire. Il est vrai que le lieu s’y porte bien puisque les enfants se retrouvent en petite jauge et que la magie du spectacle vivant peut s’opérer en toute intimité. Ainsi, naissent « Les Semaines Grenadines » : une programmation d’une semaine par mois durant six mois, permettant à 3 ou 4 compagnies de proposer des créations tout fraîches et de les rôder durant la saison culturelle. Faute de moyens, cette programmation est arrêtée en 2009.

La Boîte à Jouer a continué à proposer occasionnellement des spectacles Jeune Public. Les moyens ne sont toujours pas là, mais la conviction et l’importance de travailler avec ce public a peu à peu (re)pris racine. La Boîte à Jouer a relancé cette programmation en 2015. Elle a retissé des liens avec des structures d’accueil de plus ou moins jeunes enfants (écoles primaires et maternelles, centres de loisirs, haltes garderies…). Et l’histoire continue !

Le Théâtre expérimente, tente différentes formules entre le « temps fort » et la programmation longue durée. Reste l’éternelle question financière : comment permettre au plus grand nombre d’enfants de venir au théâtre, sans pénaliser les compagnies qui travaillent à la recette ?

Avec fragilité, le Collectif de Ressources Culturelles Bordonor et La Boîte à Jouer mettent leurs ressources financières dans cette programmation. Ainsi, les publics des structures scolaires et de jeunesse ne paient qu’une partie du billet (4€) et une des deux associations complètent le prix (3€) de ce billet avec leurs subventions et un appel aux dons (crowdfunding). La compagnie peut donc recevoir l’ensemble des recettes qui lui sont dues.

Dorénavant, La Boîte à Jouer vous propose de suivre 1, 2, 3 ou 4 spectacles Jeune public tout le long de sa programmation, des mercredis et des samedis.

Et elle vous invite à son festival familial Les Grenadines Givrées avec une ébullitions de propositions artistiques et culturelles pendant les VACANCES de FÉVRIER à la Salle des Fêtes du GRAND PARC !

LIEUX D’ACCUEIL ET COOPERATION

La Boîte à Jouer mène depuis plus de 20 ans, une réflexion avec le Centre Social Bordeaux-Nord et les acteurs du quartier où elle est implantée afin de mutualiser les moyens et les énergies existants. Cette synergie a notamment pris force dans la création du Collectif de Ressources Culturelles Bordonor, initiative proposée par la DRAC aux acteurs culturels et socioculturels du quartier afin de mettre en commun leurs moyens dans un projet culturel de territoire.

Comme la mutualisation ne se fait pas uniquement entre personnes du même monde professionnel (regroupement de lieux ou d’artistes, par exemple) mais avec des personnes physiques et morales s’alliant autour d’envies communes, il nous faut repenser ce que le théâtre peut être comme espace fondateur d’une identité commune.

C’est dans la complémentarité que La Boîte à Jouer travaille Hors les Murs, car c’est bien là qu’est sa façon d’être depuis ses débuts. Elle ne souhaite évidemment pas se superposer à une autre programmation et recherche des connivences avec des structures quelle qu’elles soient (lieux artistiques, centres d’animation…). Ces partenariats sont aussi variés que les choix artistiques de La Boîte à Jouer !

Que ce soit en appui à la mobilisation des publics pour une structure qui démarre ou qui se trouve face à des fragilités, que ce soit à travers des projets socioculturels co-portés avec le lieu d’accueil et la compagnie ou encore par un choix artistique en commun, La Boîte à Jouer ne cesse d’avancer, de (re)créer du lien, de la complémentarité là où chacun et chacune (nous y compris !) pourrait « le nez dans le guidon » rester sur son projet, dans ses murs.

Les lieux dans lesquels nous programmons nos spectacles ne sont pas tous équipés. Nous sommes en relation avec l’IDDAC pour un accompagnement technique.

Notre nomadisme temporaire nourrit pleinement notre future Boîte à Jouer. Il est se terrain d’expérimentation, de recherche, de déconstruction et reconstruction. De cet élan de soutien lié à notre fermeture, bon nombre de rencontres se sont opérées, des discussions en coin de table ou au téléphone, des rendez-vous formels. Notre nomadisme et notre démarche pour l’ouverture d’un nouveau lieu créent et alimentent de nouveaux partenariats, et nous mettent en réseau.

Le modèle que nous cherchons à créer pour la Nouvelle Boîte à Jouer associe des individus et des regroupements d’individus (associations, coopératives, institutions…) à une réflexion globale sur notre environnement. Notre environnement, tant territorial qu’en tant qu’objet culturel & artistique, est bel et bien notre intérêt commun, notre enjeu. La diversité des personnes physiques et morales ne peut être que bénéfique à un projet qui se trouve alors nourri d’une vision élargie de sa raison d’être.

Ce projet collectif devient un objet de bien commun qui se développe progressivement et prend racine durablement. Il se transmet et prend corps dans un ensemble, évitant les appropriations trop individualistes. Il favorise un développement durable de la filière artistique et culturelle de notre territoire.

L’ACCUEIL ET LA RENCONTRE

Nous mettons un point d’honneur à privilégier l’accueil des compagnies et des publics. Nous ne pourrons recréer la chaleur du lieu rue Lombard, mais nous pouvons mettre nos forces et notre conviction dans l’accueil des compagnies et cette médiation directe avec les publics. Les compagnies sont de fait fragilisées par le nomadisme, par la découverte d’un nouveau lieu d’accueil temporaire, par les inconnus quant à la mobilisation des publics… Nous devons être d’autant plus à leurs côtés et les accompagner dans cette prise de risque.

Et pour les publics, c’est évidemment primordial d’être bien accueilli et de pouvoir partager un moment de respiration après la pièce. Car il est bien là le cœur du métier de La Boîte à Jouer : créer la rencontre entre publics, et entre les publics et les artistes.

La mise en relation et la rencontre entre artistes et publics, auteurs et artistes étaient et demeurent au cœur de notre envie et de notre travail. Nous suscitons des curiosités, créons des envies, des ressentis. La reconnaissance du public est la seule, à nos yeux, à être légitime, et le nomadisme nous questionne : va-t-on réussir à remobiliser notre public ? garder nos fidèles spectateurs/trices et toucher de nouvelles personnes ? les publics vont-ils s’y retrouver ?

PERSPECTIVES : DE LA RÉSIDENCE A LA DIFFUSION

En ce moment, nous menons une double réflexion : un projet dans nos murs sur les résidences et l’accompagnement des compagnies, et un projet de diffusion Hors les Murs.

Nous réfléchissons à allier les deux lors des prochaines saisons nomades. Nous souhaitons accompagner des équipes artistiques sur des créations. Cet accompagnement passera par une mise à disposition d’un plateau pour des résidences longues et régulières. Cette mise à disposition se fera à titre gracieux et les compagnies pourront bénéficier d’un espace dédié et équipé.

Cet accompagnement passera également par des rendez-vous avec les compagnies autour des démarches, de l’administratif, de l’identification du réseau professionnel, etc.

Nous travaillerons aussi sur les sorties de résidence, moments importants permettant aux artistes de montrer et tester leur travail. Le droit du travail nous autorise à accueillir un peu moins de 19 personnes dans l’établissement. Nous devons donc travailler avec la compagnie sur la composition d’un petit groupe, mêlant des programmateurs-trices (ex : théâtre, organisateur-trice-s de festival, etc.), des professionnel-le-s du milieu (ex : scénographe), des partenaires selon le projet (ex : professionnel-le-s de la petite enfance) et des personnes du public. Ces retours sont essentiels, et n’ont de sens et d’impact qu’à travers le tissage d’un groupe « sur mesure », bienveillant et aux regards pertinents.

Cet accompagnement s’adaptera évidemment à chaque projet et il pourra passer par la mise en place de plusieurs actions en fonction des envies et besoins : rencontre avec un public en particulier (ex : des enfants en classe), actions culturelles, test de scénettes dans les bibliothèques…

Cet accompagnement amènera la compagnie à être diffusée en série dans nos temps forts. Nous nous laissons également la possibilité de pouvoir programmer des compagnies émergentes régionales qui n’auront pas été accompagnées par nous. Nous souhaitons que ces séries soient plus longues et surtout plus étalées dans le temps.

Pour ce faire, nous réfléchissons à stabiliser nos temps forts dans un lieu unique, éphémère et non identifiés « artistiquement » par le réseau, afin de garder notre identité, de permettre aux compagnies de se poser sur une série longue, de simplifier le montage technique et l’installation, d’être plus facilement repérable par les publics, de focaliser la médiation et l’action culturelle, etc. Egalement, nous pouvons imaginer des temps forts thématiques ou par genre.

Le champ des possibles est ouvert.