H-S

Du 25 Novembre au 05 Décembre à 21h (du mercredi au samedi)

« H-S »

Cie La Chouing (Gard)

SALLE 1

 

Clown-théâtre

à partir de 10 ans

Durée : 50 minutes

 

LaCHouing_HS_Filage Abattoirs-30

 

Faut pas croire mais le clown a mal quand il glisse sur une peau de banane

Trois clowns, pas encore morts, échouent au bord du public. Ils font la place pour un spectacle avec des restes, des bouts, des vieux souvenirs, de la musique en copeaux de bois.

On voit la ficelle, c’est poussiéreux, mais eux, veulent y croire. Jouer, comme une force de la joie, jouer comme un royaume retrouvé, jouer pour vivre.

H-S, c’est une bâche, 1 clown blanc mi mouette mi Tarzan et 2 augustes dont 1 bien disloqué et l’autre vraiment trop périmé…

H-S c’est à la fois une histoire drôle et cruelle.
Une écriture qui oscille entre la comédie, la poésie et le tragique. Que peut-être le clown, si ce n’est le reflet d’un démon intérieur ? Sur un ton décalé et absurde, Alain Bourderon raconte l’histoire d’hommes défaits, reclus qui évoluent dans un univers de non sens, d’absurdité.

SITE : http://www.lachouing.fr/fr/

 

Ecriture et mise en scène : Alain Bourderon

Accompagnement à la mise en scène : Caroline Lemignard

Interprétation : Alain Bourderon, Lucas Costa et Julien Lett

TRIO LA CHOUING

Les personnages

Le clown blanc dit « la mouette » (réf à Tchekhov qui aborde dans cette pièce le statut des artistes et de l’art).
Une espèce de dompteur de pas grand chose, fier et acariâtre, qui pense représenter l’autorité (le surmoi) et tenir ses deux guignols d’auguste comme il l’entend. Il part dans des fulgurances poèti-colérique.
Le ridicule du personnage poussé à son paroxysme peut basculer dans un univers pathologique obscur. Le clown blanc, un champ de ruine masqué par une façade baroque. Pas assez gouteur de l’instant, il semble renoncer et sombrer dans la colère ; pour lui, ça ne joue plus…

Les deux augustes
Kopatt, tout enjoué, fait le lien entre la scène et le public. Malgré son apparence h-s, il est doux et veut aimer à tort et à travers.  Il est l’ultra joueur de l’instant. Son sourire cassé tient comme une empreinte du « ça a été ». Tout s’effondre autour de lui, mais la force de la joie est plus grande.
Victor, le plus âgé, rouillé, disloqué mais l’oeil rempli de rire. Il ne sait plus, mais c’est sa joie. Il s’assoit de chaise en chaise, lentement et vit le plus intense des numéros.
Quand il est content, il se transforme en chien (le « ça » freudien, pulsion animale et désorganisée)
Mais il est vieux et avant de partir, il veut de l’amour car oui, pour partir, il faut de l’amour…

Extrait d’un monologue d’un des deux augustes qui joue à l’autorité, après avoir mis la tenue du clown blanc, en reprochant à l’autre ces débordements :

« …Non mais n’importe quoi, tu fais n’importe quoi ! T’imagines si tout le monde fait comme toi… alors c’est la porte ouverte au GRAND n’importe quoi, chacun fait ce qui lui passe par la tête ! Alors vas y moi je fais çi, et pis toi tu fais ça et pis l’autre y fait reçi…c’est ça ? Mais face à ça, face à ces facéties, ben le monde y tourne plus rond.
Merci ! Bonjour le bon esprit, fallait pas vous déranger ! oui,oui,oui, BEN NON !…non mais dit ! Oh ! Des fois…hein ! On est pas des !… quand mêmes !…
Parce que moi, je suis… j’ai des dossiers, pleins, épais comme ça, ils sont là, bien classés, y’a des noms, partout, des p’tits, des gros, et j’aime autant mieux te dire que les têtes vont tomber, de partout, là, là, et puis là aussi, partout, garantie sur facture !
Dring !dring !dring ! Oui, quoi ?!!!…Oui…vendez, vendez, vendez, non pas ça ne vendez pas, bon je suis en clientèle foutez moi la paix !!! On disait quoi ? Oui, y’a des têtes qui vont tomber, ah ! Je suis en…là c’est trop…ASSIS ! COUCHÉ ! DEBOUT !… »

            La Chouing HS             Sans titre-1

Note d’intention d’Alain Bourderon

Depuis la création de la compagnie en 2007, j’essaie de raconter sur un ton absurde et décalé, des histoires d’hommes défaits, reclus qui tentent de survivre avec leurs vieux démons.
L’enfance, la solitude, la misère sexuelle, la mort sont mes thèmes de prédilection.
Toujours sur un fil, l’écriture oscille entre tragédie, comédie, trash et poésie. Cet équilibre instable est vital pour moi, il me permet de ne pas m’enfermer dans un registre précis. Cette notion de fragilité m’anime en tant qu’artiste, m’obligeant à aller puiser dans les confrontations de sentiments, de pensées, les chaos intimes.
Je m’attache à développer un jeu scénique réaliste et une scénographie crue, tranchante, souvent sale.
Les rituels sont omniprésents dans mes spectacles. Ils sont la représentation du fonctionnement pathologique des personnages voulant échapper à leurs souffrances. J’évoque ainsi leur passé trouble. Ces comportements obsessionnels créent un décalage et des images prégnantes : la toilette d’une poule morte, la disposition méticuleuse de tas de farine sur le sol, un orgasme dans une boite en plexi remplie de plumes…
Je trouve ces gestes compulsifs terriblement narratifs, une tragédie se joue. Le protagoniste met en place sa petite mort, avec ses codes. Ces actes obscurs sont le reflet de ses tourments, il les met en scène.
Les images glauques n’ont pas pour but de choquer le spectateur mais de le bouleverser par un processus de création aboutissant à la présentation d’une réalité altérée. Cette réalité est d’autant plus troublante qu’elle semble posséder un pouvoir de sublimation du sordide, dans le sens où toutes les images ont une esthétique réfléchie (la couleur, la matière, la composition, le son).
J’aime la matière et je l’utilise pour servir le récit. Par le biais d’éléments métaphoriques : cendre, oeufs, sang, argile, plumes… les protagonistes se transforment physiquement et dévoilent leur propre “masque horrifique”, à l’instar du clown, le reflet de leur démon intérieur : un corps nu recouvert de plumes, un visage maculé de yaourt ou d’argile, une bouche pleine de Nutella…
Cette défiguration est une expérience du démantèlement de soi, mais aussi une catharsis. À ce drame de la perte d’identité vient se greffer le côté ridicule et donc comique de la silhouette.
Les matières donnent aussi au spectacle un aspect organique et chaotique, le sol est jonché de détritus, il vient de se jouer quelque chose.

HS La Chouing H-S La Chouing

« De moment en moment, ils ressurgissent furtivement de la nuit des temps, spectres douteux d’un lointain passé, d’un long oubli de la mémoire, flamme vive déjà engloutie par la brume du crépuscule, toujours pareils à eux-mêmes et toujours différents ». Alfred Simon

La question de l’oubli est essentielle dans ce spectacle, l’oubli qui nous rend à la présence de ce qui est. Ici et maintenant.
L’oubli va bien au clown, comme ressort comique mais aussi tragique, et plus généralement comme force de jeu.
Être dans l’ouverture de ce qui se passe maintenant.
Ces clowns oubliés, oublieux, sortent une dernière fois.
Mais pourquoi faire ? pour jouer.
Mais à quoi ? pour qui ?
A quoi servent-ils ?
A rien, mais rien c’est déjà bien.
Roulés dans la farine, transformés en grain de poussière, ils vont essayer de se rappeler.
Quel goût ça a le public
et puis comment fait-on les roulades déjà
et puis Tarzan, il était fort comment ?…
Des chansons, comme cris, comme un loup qui hurle à la vie, avec un violoncelle devenu chaise…
et puis la mort qui guette et du coup ces clowns qui vont lui tordre le cou.
Ils vont la faire leur mort mais à leur façon, plein de chantilly et d’hémoglobines.
Et puis ils vont disparaître, sous cette bâche noire, comme un bout de chapiteau, comme un linceul ou un drap chaud, comme une mer, un naufrage, comme une cape d’un grand chevalier…
Que reste-t-il quand on a plus rien ? rien que ses souvenirs qu’une tempête éclaircit à tout jamais.
Rien que son coeur qui n’a pas suffit à se faire aimer.
Êtres à la dérive, abandonnés, ils échouent.
Ce sont pourtant bien eux, les porteurs de salut, ils sont le dernier refuge de l’utopie.
Alors quoi. Réveillez vous les clowns !

LaCHouing_HS_Filage Abattoirs-10

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