Solibo Magnifique

Du 15 au 31 Janvier à 21h (du mercredi au samedi)

« SOLIBO MAGNIFIQUE »

d’après Solibo magnifique de Patrick Chamoiseau, © Editions Gallimard

Compagnie La Nuit Venue (Bordeaux)

 

Création

Théâtre-Slam

à partir de 14 ans

durée : 1h

VISUEL officiel Solibo janv2015

 

 

L’histoire

Lors d’une soirée de carnaval à Fort-de-France, le conteur Solibo Magnifique décède brutalement devant son auditoire d’une égorgette de la parole. Se figurant un crime, la police mène l’enquête.

La parole des spectateurs, petites gens marginalisées, se trouve confrontée aux soupçons et préjugés de l’institution. De gardes à vue en procès-verbaux, l’affaire se charge de confusion et le portrait du conteur, de clarté.

Ce que, d’interrogatoire en interrogatoire, les témoignages vont pourtant révéler : « c’est l’univers caduque, au seuil de l’oubli, des Maîtres de la parole, des grands conteurs qui avaient, tel Solibo, le goût du mot, du discours sans virgule ».

Le spectacle met en présence deux personnages : Ti-Cham, le « Marqueur de parole », narrateur de l’histoire (Patrick Chamoiseau lui-même) et Solibo le conteur, « Maître de la parole ».

Ti-Cham est interprété par un acteur déjà exercé à la langue de Patrick Chamoiseau, Jean- Stéphane Souchaud, créateur du spec­tacle Texaco, adapté du roman éponyme.

Solibo est quant à lui interprété par le slameur Marco Codjia, véritable conteur d’aujourd’hui.

 

Au coeur d’un triptyque

Solibo Magnifique est le deuxième volet d’un triptyque autour de la parole et de la mémoire partagée, thèmes de prédilection de l’auteur Patrick Chamoiseau. Ce triptyque a été initié en 2007 avec l’adaptation au théâtre de Texaco, Prix Goncourt 1992 qui retrace 150 ans d’histoire de la Martinique et se terminera avec le roman L’esclave vieil homme et le Molosse, récit épique et poétique de la fuite d’un esclave poursuivi par les chiens.

Texaco a obtenu un franc succès durant trois ans avec près de 50 représentations, des scènes régionales (Bayonne, Gradignan, La Boîte à Jouer etc.) aux scènes ultramarines de Fort-de-France en Martinique, Saint Laurent du Maroni en Guyane en passant par le festival d’Avignon, des Nuit Atypiques ou encore Komidi à la Réunion.

« En adaptant « Texaco », roman de Patrick Chamoiseau, Jean-Stéphane Souchaud de la compagnie La Nuit Venue n’a pas choisi la facilité. (…) Le résultat est probant, étonnant parfois. L’élasticité de Souchaud semble sans limite. Un beau travail et une excellente introduction à une oeuvre importante. » Joël Raffier – Sud-Ouest 25 avril 2007

« Texaco comme métaphore de l’histoire douloureuse des Antilles frappe par la richesse des situations et l’inventivité d’un comédien extrêmement mobile qui coiffe tous les rôles. » L’humanité – 17 juillet 2008

 

Note d’intention de Jean-Stéphane Souchaud

Dès la première page de son roman, Patrick Chamoiseau met en évidence l’incompréhension entre deux cultures, la défiance de deux mondes imperméables l’un à l’autre: d’une part la police – « la Loi »- symbole de l’Etat métropolitain qui consigne tout sur procès-verbal, d’autre part le monde de Solibo, où débrouillardise et solidarité sont essentielles pour survivre et où les mots du Maître permettent aux petites gens d’accéder à leur propre imaginaire. Le monde soupçonneux et rationnel des enquêteurs tente, pour établir une vérité qui n’existe pas, de balayer les explications poétiques, fantaisistes, empreintes de superstitions des témoins.

Adapter cette fable dans un monde, le nôtre, qui a depuis longtemps relégué la tradition orale aux oubliettes du folklore, ou de l’obscurantisme, privilégiant l’écrit, le livre, le contrat, le diplôme, marqué au fer rouge du paraphe officiel, c’est mettre sur le théâtre ce que notre civilisation par son omnipotence culturelle, linguistique et politique, a peut-être perdu avec l’anéantissement presque total des grandes civilisations de tradition orale.

Dans les mondes perdus du verbe, qu’avons-nous laissé en chemin ?
Nos rêves sont devenus des biens et nos mythes ne se racontent plus.

L’acteur blanc incarne, par la force des choses, la tradition écrite : il porte la parole écrite du « marqueur de parole » sous sa forme romanesque, tel que les Occidentaux en ont l’habitude, tandis que le slameur assure la pérennité de la tradition orale, sous sa forme actuelle la plus populaire, quoique marginale, ou marginalisée. Les deux camps sont confrontés, comme dans le roman, et qui sait si le théâtre ne sera pas leur terrain d’entente.

Ce qui se trouve décortiqué, c’est ce paradoxe de l’acteur, oral, s’imprégnant de la parole écrite (par d’autres le plus souvent), ou encore celui, non-moins paradoxal, du slameur-conteur d’aujourd’hui, maître de la parole improvisée, et qui voit ses textes imprimés, consignés dans des ouvrages, sur les ondes, sur toutes sortes de supports médiatiques.

La parole fixée, est-ce encore de la parole ? Le texte appris, est-ce encore de la parole ?

L’écriture de Patrick Chamoiseau tente de retranscrire la parole en réinventant ce qu’il entend sur les marchés de Fort-de-France, poétisant les expressions, métissant français et créole. C’est une littérature de l’oral nommée par l’auteur lui-même « oraliture ».

Dire cette langue sur scène c’est lui redonner vie comme Patrick Chamoiseau l’a pensée. La parole n’a-t-elle pas toute sa valeur en tant que brise vagabonde et éphémère ?

 

Texte : Patrick Chamoiseau

Adaptation et jeu : Jean-Stéphane Souchaud

Slam et jeu : Marco Codjia

Mise en scène : Yvan Delatour

 

Profitez de la rencontre en image en cliquant ici

rencontre solibo janv2015

 

 

2015.01 Sud Ouest Solibo et Gorkyt

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