Mégaphonie

Du 12 au 28 Février (du mercredi au samedi) à 21h 

« MÉGAPHONIE »

UBU&tout (Bordeaux)

 

Théâtre

à partir de 11 ans

Durée : 1h

 

Résumé

Dans la société régie par le Poulpe, règne une “impression hermétique de sécurité”.

Pourtant, deux personnages interchangeables, Méga 1 et Méga 2, sentent que ce bonheur fabriqué est fissuré de fuites d’où s’échappe une humanité pas tout à fait étouffée…

Tiraillés entre défiance et curiosité, Méga 1 et Méga 2 se sondent, se toisent, se piègent, dans une cavalcade langagière traversée par le rire jaune d’un texte vif, aiguisé, choral et foisonnant : une mégaphonie.

Avec l’œil et la verve du poète, Louis Calaferte nous donne à voir l’absurdité d’un monde de massification où la révolte a glissé vers le compromis, la volonté du rembourré et du confortable, une société d’ultra-consommation, du factice et du spectacle…

Procès politique, enthousiasme officiel et doutes sous le manteau, pulsions mercantiles et culte du progrès « mathématismaque », cette œuvre prophétique en son temps nous peint un monde finalement pas très éloigné du nôtre. Les personnages Méga 1 et Méga 2 nous renvoient nos propres images.

Louis Calaferte nous donne à voir l’absurdité de nos existences.

 

L’auteur Louis Calaferte

Il y a vingt ans, le 1er mai 1994, le monde braquait ses objectifs et ses larmes sur la sortie ratée d’un héros moderne, Ayrton Senna. Dans la nuit qui s’ensuivit, la route s’arrêtait également, en toute discrétion, pour l’une des plumes les plus incandescentes du XXe siècle, Louis Calaferte.

Né le 14 juillet 1928 à Turin, il laissait derrière lui une œuvre riche, dense, protéiforme : nouvelles, récits, poésie, théâtre, essais, peintures, qui portaient la marque d’un refus des concessions, d’une nécessité de la révolte, d’une vitalité de la sensibilité.

Ecrivain passionné de peinture, adorateur de Dieu, de la nature et des femmes, ayant intensément vécu sa foi dans le siècle, Il nous laisse par son œuvre à découvrir, sensible et généreuse, l’une des plus puissantes et lucides invites à reprendre pleinement possession de notre condition et de notre capacité d’indignation.

 

Note du metteur en scène, Djemel Aït Taleb

C’est en regardant ma fille jouer que la forme s’est imposée. Elle arrache la tête de ses poupées, leur tord le cou, leur enlève un membre, les couvre de baisers, les laisse pour mortes, revient vers elles et tout recommence.

Le texte nous demandait de faire mourir les personnages pour les faire revivre dans la seconde. C’est ainsi que nos deux personnages Méga 1 et Méga 2 sont devenus assez naturellement deux jouets dans une chambre d’enfant. L’enfant, nous l’entendons au début mais nous ne le voyons jamais, il est « la Hôtecompétence », le maître des lieux. Maître réel ou être fantasmé il fait régner la terreur et la répression. Nos deux jouets sont plongés dans un univers dogmatique et sont soumis au déterminisme social d’une société d’hyperconsommation. La parole, elle non plus n’est pas libre.

J’insiste sur le langage. C’est un texte foisonnant et nos deux amis empruntent volontiers les voies rapides des expressions toutes faites, des automatismes, où la pensée et la réflexion n’ont pas beaucoup de place. Le fait de ne pas penser ne les dérange pas forcément, ils trouvent même la situation plutôt confortable, mais il vient toujours un moment où leur humanité les rattrape. Je pense donc je rêve et j’aspire à un monde meilleur.

Un texte humainement engagé, drôle et profondément optimiste. Optimiste car Louis Calaferte soutient qu’on ne pourra jamais faire de nous des êtres totalement aliénés.

Nous avons donc un univers, un propos. Nous avons veillé absolument à que tout ceci raconte une histoire. Je confesse qu’à de très nombreuses reprises j’oubliais mon rôle de metteur en scène pour redevenir simple spectateur, simple voyageur. Il ressortait toujours après les filages, tout du moins pour moi, que nous touchions à quelque chose d’essentiel, une beauté, une poésie.
Il s’était passé quelque chose : du théâtre ?

 

Auteur : Louis Calaferte

Metteur en scène : Djemel Aït Taleb

Comédiens : Jonathan Dupui et Lilian Séguier

 

2015.02 Mégaphonie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

* Copy This Password *

* Type Or Paste Password Here *